IL SUFFIT D’UN GESTE!

L’éditorial de mai retraçait pour vous les points saillants des conférences de notre Assemblée Générale de mars 2026. Nous espérons que ce débat d’idées vous aura intéressés, car j’y ai entendu, pour ma part, des singularités précises en ostéopathie par rapport à d’autres techniques de soin corporel, notamment l’utilité du temps de latence avant de nommer l’objet perçu. Merci à Géraud Lucas et Stéphane Champié d’avoir si bien travaillé leur thème en amont !

Présents ou absents, je vous imagine curieux de connaitre les souhaits d’orientation et/ou envies de FAIRE qui ont été exprimés pour aider l’inclusion de l’ostéopathie dans le parcours de soin. Voici les principaux.

 Actions à entreprendre soi-même :

  1. Créer davantage de liens avec les professionnels de soins locaux, par exemple les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).
  2. Rejoindre également d’autres réseaux citoyens au niveau national (organismes divers).
  3. Se réunir plus souvent entre ostéopathes d’une région (apéritifs, visioconférences…).
  4. Communiquer visuellement dans nos cabinets : fascicule des posters et films de l’AO, affiches.

Actions à mener en groupes (à L’Académie ou à la faculté!) en se motivant pour publier les résultats dans les deux ans maximum :

  1. Continuer à élaborer la singularité et les concepts fondamentaux de l’ostéopathie.
  2. Publier des articles sur l’ostéopathie dans des revues nationales et/ou locales.
  3. Élaborer des plans d’action pour promouvoir la santé :
    1. Créer une routine des dépistages pour nos patients. Repérer les professionnels locaux  Rassembler les conseils aux jeunes parents : portage, prévention plagiocéphalie. Repérer les aides et services sociaux à disposition.
    2. Organiser une veille sur les sujets d’actualité en santé (à publier dans la Newsletter) : ménopause, endométriose, autisme, santé mentale des jeunes.
  4. Organiser un congrès avec des experts du corps touché/corps vécu.

En assemblant vos souhaits et débats récents, les thèmes essentiels pour communiquer sur l’ostéopathie émergent. Certains vous interpellent ? Initions ensemble des groupes de recherche au sein de l’Académie !  

  • Les modèles philosophiques spécifiques en ostéopathie (phénoménologie, émergence, complexité…). Approche anthropologique.
  • L’éthique du soin (pudeur, consentement, désir du patient ou du thérapeute, traumatisme vicariant, empathie & compassion, le statut de patient).
  • Éthique et toucher : corps vécus, confiance et vulnérabilité (patients et praticiens).
  • L’action psychique de l’ostéopathie sur les traumatismes, récents ou complexes, avec les ACEs (expériences adverses de l’enfance). Les mécanismes d’exposition, le transfert de base en psychosomatique…
  • Actualisation de la biomécanique : les propriétés de notre architecture fasciale, des modèles de tenségrité…
  • Les modèles neuroscientifiques et psychothérapeutiques actifs dans la théorie polyvagale, l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), la somatic experiencing)…
  • L’encadrement éthique et législatif de la recherche en ostéopathie.
  • L’évolution de la sémantique en ostéopathie.
  • Les modèles d’entretiens (motivationnels, phénoménologiques, d’explicitation, la thérapie narrative).
  • L’approche biopsychosociale et l’Evidence Based Medicine ou Practice chez différentes générations d’ostéopathes.
  • L’intelligence artificielle dans le soin et ses RGPD. Biais et coût environnemental.
  • Le groupe de recherche Développement durable existe déjà, rejoignez-le !
  • Le groupe de recherche Supervision en ostéopathie existe déjà, rejoignez-le !

 

La conclusion de l’article scientifique de cette Newsletter de juin confirme le bien-fondé de ces angles d’approche : L’ostéopathie […] ne doit cependant pas être perçue comme une « solution miracle », mais comme un outil précieux au sein d’un plan de soins multimodal. Pour le patient, le message est clair : l’efficacité dépend de la régularité des séances et de l’expertise du praticien. Alors que la médecine manuelle progresse vers une reconnaissance académique accrue, une question demeure : et si la clé d’une guérison durable résidait moins dans la technique pure que dans cette alliance entre expertise manuelle et écoute globale du patient ?

Cet article souligne également les principaux freins à la reconnaissance des recherches menées en ostéopathie : nombre hétéroclite de séances, prise en charge non systémique et non-respect de la triple approche bio-psycho-sociale du patient. À trop modifier le cadre naturel de l’ostéopathie, on finirait par… ne rien démontrer !

Nous savons ce qu’il faudrait faire. Il reste à agir. Le titre de cet éditorial, Il suffit d’un geste !, est celui d’un excellent ouvrage de François Roustang. Au-delà de la formule, Roustang nous invite à agir pour guérir : après le temps d’analyse des causes, poser des actes devient nécessaire pour changer, résoudre un problème et modifier notre monde.

Les groupes de recherche disposent d’autonomie dans leur travail. L’Académie offre un appui logistique et de communication. Notre projet est d’aider les participants à élaborer une méthode pour aboutir à des réalisations concrètes, à court ou moyen terme.

Profitons de nos vacances prochaines pour rêver notre action : un simple geste, une parole prononcée, un petit groupe de deux ou trois personnes unies par un désir commun, et c’est le début de grandes réalisations !

D’ici là, ne ratez pas la conférence originale de Félicité Béguin sur les traumatismes craniocérébraux légers (TCCL). Nous, ostéopathes, soignons souvent les victimes de ces traumatismes. Or, l’Assurance Maladie Ameli offre actuellement une prise en charge psychologique gratuite de ces victimes dans un réseau de soins hôpital/libéraux. Un protocole de recherche rigoureux a été élaboré pour évaluer les résultats de ce dispositif. Nous pouvons y adresser nos patients. Et si, en outre, nous mesurions ainsi l’efficacité de l’ostéopathie ? L’intrication des séquelles physiques et psychiques des TCCL est réelle et encore sujette à débats. Une telle recherche serait une voie royale d’évaluation de l’efficacité de l’ostéopathie ! Voici donc un parcours et un protocole de recherche à découvrir très vite !

Visioconférence Zoom, le 25 juin à 20 h 30 ! Conférence gratuite, Inscription nécessaire

Chantal ROPARS, Présidente de l’AO